L’enquête sociale est délimitée par un temps court d’intervention, portant plutôt à établir un diagnostic et une analyse de la situation de l’enfant dans son environnement familial et social à un instant précis. En 3 mois, l’enquête sociale va permettre d’établir un « diaporama » constitué des différents aspects et des différents points de vue concernant la situation d’un enfant dans son environnement familial et social : Dans quelle situation se trouve cet enfant, notamment au regard de l’article 375 ? Qu’en disent ses partenaires de vie et en premier lieu ses parents ? Quelles sont les ressources qui apparaissent ? Quelles sont les propositions le concernant ?
L’enquête sociale - comme l’I.O.E.- s’inscrit dans la dynamique de l’histoire familiale. Elle présente l’avantage d’une plus forte réactivité à la demande formulée par le magistrat. Elle est donc souvent plus proche du ou des événements qui ont motivé le signalement et le jugement. L’enquête sociale est également fortement inscrite dans la dynamique de la procédure contradictoire.
La durée de l’I.O.E. - 6 mois - conduit à une mise en œuvre institutionnelle différente de celle qui va concerner l’enquête sociale. La dimension institutionnelle va être le pivot, à partir duquel l’encadrement, le travailleur social, et le psychologue vont « intervenir ». Chacun dans sa compétence, ensemble, ils vont concevoir et développer le projet d’intervention.
Les temps de restitution sont un moment particulièrement riche pour initier une dynamique. La pluralité des intervenants et la diversité de leurs approches introduisent l’idée d’un « jeu » possible dans des fonctionnements souvent figés en apparence. Des étapes viennent ponctuer le temps et favoriser l’interaction entre les représentations des professionnels et celles des membres de la famille. L’aller-retour de ce qui est proposé à l’échange, et ce qui en est fait, introduit un mouvement propice à l’investissement d’une place d’acteur par la famille.
Dans toutes ses phases, l’I.O.E. est une investigation croisée, entre les professionnels, mais aussi avec la famille, qui associe tout au long de la mesure deux pôles : celui de l’éducatif et celui du psychologique. Le pôle psychologique se trouve renforcé par la collaboration de l’équipe avec un médecin psychiatre qui apporte là un éclairage complémentaire. Le rapport transmis au magistrat intègre deux pôles : le rapport socio-éducatif et le compte rendu d’évaluation psychologique qui vont, chacun dans leur champ de compétence, rendre compte de la situation d’un enfant, mais aussi et surtout des évolutions, des changements, des déplacements que la famille a pu opérer pendant la mesure. Un rapport de conclusion, validé par la direction, reprend les points essentiels de ces écrits pour en faire une synthèse dans une recherche de cohérence et d’ouverture des hypothèses de travail, ceci afin de présenter au magistrat une diversité d’orientations.