• La Direction Générale

La Prévention Spécialisée engagée avec le département dans un projet socio-écologique

Mis à jour : mai 14

Des jeunes en grande précarité remettent le pied à l’étrier en travaillant sur les Espaces Naturels Sensibles d’Ille et Vilaine.


Six équipes de prévention spécialisée de la SEA 35, missionnées par Rennes Métropole, interviennent sur les cinq quartiers prioritaires rennais et sur le centre-ville. Les éducateurs de Prévention Spécialisée, plus communément appelés « éducateur de rue », accompagnent dans le cadre de la protection de l’enfance, des jeunes en risque de marginalisation. Depuis bientôt cinq années s’est construit, avec le Conseil Départemental, un partenariat autour de chantiers d’entretien et de préservation des Espaces Naturels Sensibles. Chaque année, à l’été finissant, les techniciens du Département et les éducateurs se mettent en lien pour organiser une semaine de chantiers éducatifs.



C’est dans le cadre de cette action que six jeunes en grande précarité (sans logement ni ressources), de 17 à 24 ans, accompagnés par l’équipe du centre-ville ont contribué pendant une semaine, par leur travail, à la protection de ces zones précieuses pour la faune et la flore de notre département.


Salariés, via l’agence d’insertion Start’Air et encadrés par les éducateurs, ils ont suivi les directives et conseils des techniciens départementaux pour mener à bien cette mission.


Pour Thierry, éducateur, les bénéfices de cette action sont multiples et de divers ordres :


« Au travers de ces chantiers, il s’agit de s’extraire de la rue pendant une semaine, renouer avec le monde du travail pour certains, y accéder pour la première fois pour d’autre. Un contrat de travail, un salaire c’est symboliquement se sentir utile et digne de confiance. Pour ces jeunes trop souvent exposés aux regards désapprobateurs de certains passants dans la rue, au-delà de l’aspect strictement financier c’est la symbolique d’une certaine normalité sociale, dont beaucoup se sentent exclus qui prime. Ces chantiers c’est se confronter aux exigences du travail : les horaires le rythme et la fatigue physique. Nous accompagnons des jeunes en rupture, sans ressources. Leurs enfances respectives ont souvent été émaillées de multiples séparations au fil de parcours chaotiques dans les dispositifs de l’Aide Sociale à L’Enfance (ASE). D’un point de vue éducatif, cet outil chantier, c’est un véritable couteau suisse : la dimension vie quotidienne de l’hébergement nous permet de renforcer le lien éducatif, les temps de travail sur le terrain sont des temps de partage très riches. Ce sont les techniciens qui ont les savoirs, nous, éducateurs sommes au même niveau de compétence, de pratique que les jeunes dans ce domaine, nous faisons équipe avec eux. Notre rôle se concentre alors pleinement sur le soutien dans l’effort et le respect des consignes mais toujours dans le faire ensemble. Quand nous rentrons sur le lieu d’hébergement, nous partageons critique, fatigue et satisfaction du travail accompli. »


Les jeunes concernés expriment également une satisfaction non feinte d’avoir pu participer à une telle opération, qui leur a surtout redonné confiance en eux :


Pour H. 17 ans, cette semaine tous ensemble, c’est pouvoir être fier:


« Ça m’a permis de mettre à distance mes problèmes : mes consommations, mes angoisses du quotidien, les embrouilles familiales comme celles de la rue. Je ne pensais pas tenir mais le groupe et les éducateurs ont su me rassurer, croire en moi. Quand j’ai montré mon bulletin de salaire à mes parents, j’ai vu de la fierté dans leur regard. »

Pour L. 21 ans, elle impulse un nouveau départ, réactive une projection dans l’avenir :


« Le chantier m’a redonné confiance, depuis deux ans je me laissais couler, avec les éducateurs j’ai pris rendez-vous à la Mission Locale. On verra bien mais j’ai très envie de refaire des chantiers. »

J. quant à lui a apprécié d’être considéré par les professionnels du département, autant que la parenthèse de confort matériel que procure cette expérience :


« Qu’on me fasse confiance, les techniciens m’ont laissé la débroussailleuse pendant toute la matinée et m’ont félicité pour le résultat. Ce que j’ai apprécié au-delà du chantier c’est de pouvoir dormir dans un lit au chaud, prendre trois repas par jours et prendre une douche tous les soirs, ça fait huit mois que je galère sans rien dans la rue. »

Ce travail a du sens. Donner à voir aux passants comme à leur entourage une action qui, au-delà d’être source de rémunération, travaille à la préservation de l’environnement représente une grande fierté pour les participants. Il faut souligner par ailleurs la qualité de l’accueil et de l’accompagnement du personnel ENS du Conseil Départemental qui au-delà des simples conseils techniques, a su transmettre avec bienveillance une part de leur connaissance fine des écosystèmes locaux. A travers la dimension écologique du travail une réelle rencontre a eu lieu et a permis une sensibilisation aux enjeux écologique de notre époque. Le caractère valorisant de cette action a pu nourrir également des échanges avec les quelques promeneurs croisés autour du chantier.


Pour Fabrice Neveu, chef de chantier Espaces Naturels Sensibles, ces jeunes sont bien loin des caricatures et représentations que l’on peut parfois entendre sur les jeunes marginaux qui ne voudraient pas travailler :


« J’ai fait connaissance avec des jeunes et leurs encadrants motivés et efficaces par les tâches qui leur ont été confiées. Ils n’ont pas rechigné à effectuer un travail physique notamment sur le paillage de la haie champêtre du moulin Esnoux. Quant à la réfection du muret en pierres sèches à la pointe du Grouin, où il s’agit d’un travail plus technique il a été bien réalisé. »

Ce n’est donc pas une simple semaine d’intérim qui s’est déroulé sur la cote cancalaise, c’est une porte vers l’intégration qui s’est ouverte : mettre un pied dans le monde du travail, se remettre en mouvement, se rassurer, s’évaluer et pouvoir se projeter autrement dans l’avenir.


Ce n’est pas pour autant une fin en soi, les embûches et les épreuves restent nombreuses sur les parcours d’insertion mais des possibles ont fait jour. Il appartient désormais aux éducateurs et aux jeunes de s’en emparer pour en faire un véritable tremplin…



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